LOUIS
MANDRIN
Louis
MANDRIN, né le 11 février 1725 à
Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, dans
l’Isère, se rendit célèbre par sa lutte contre les fermiers généraux
qui étaient les collecteurs d’impôts de l’Ancien Régime.
Connu
sous le nom de Capitaine Général des Contrebandiers de France, il était
à la tête d’une bande de brigands de plusieurs centaines d’hommes.
Depuis la Suisse et la Savoie, alors terre étrangère, il mène six
campagnes en France de janvier à décembre 1754.
Louis MANDRIN séduit la population en lui permettant d’acquérir à bas
prix des produits coûteux comme le sel ou le tabac.
Les fermiers généraux, impuissants contre ce trafic, en appellent à
Louis
XV et à son armée.
Dans
la nuit du 11 mai 1755, les dragons du Roi de France entrent
illégalement dans le duché de Savoie pour enfin capturer MANDRIN qui
s’y était réfugié.
Louis MANDRIN est ramené à Valence et
jugé le 24 mai 1755 par la « Commission de Valence », Tribunal
d’exception, créé en 1733 pour juger les contrebandiers.
Ce
Tribunal dépendait, non du Garde des Sceaux, mais du Contrôleur Général
des Finances et jugeait à huis clos sans que les accusés puissent se
faire assister d’un avocat.
Les parlements protestaient d’ailleurs régulièrement, mais en vain,
contre l’existence d’un tel Tribunal.
Voltaire,
lui-même, contemporain de Louis MANDRIN, décrivait la « Commission de
Valence » comme étant un des fléaux de l’humanité.
Louis
MANDRIN fut jugé dans cette Salle d’Audience du Présidial où siégeait
ladite commission qui est aujourd’hui devenue un Cabinet d’Avocats,
celui de la Société Civile Professionnelle d’Avocats Interbarreaux ABG
- Elvire GRAVIER – Claude GRAVIER.
Par
une curieuse ironie du sort c’est dans cette salle où les audiences se
tenaient à huis clos sans assistance d’avocat qu’un cabinet d’avocats
s’est aujourd’hui implanté.
Il fut condamné à être
roué vif et son supplice intervint le 26 mai 1755 sur la Place des
Clercs, située à quelques pas de la Salle du Présidial, à Valence
devant une foule immense.